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Rédacteur Agoravox
 

"Qui ne sait tirer les leçons de trois mille ans vit seulement au jour le jour". (Goethe)

Philosophie de la connaissance : savoirs généraux et situations particulières

Les connaissances générales, qui désignent le plus souvent les théories, et relèvent donc du caractère scientifique de la connaissance du monde, sont depuis longtemps confrontées à leur utilité dans la pratique concrète, celle des faits et des situations particulières. Cela nous ramène au problème de la connaissance vraie de Locke : comment construire une connaissance générale si tout ce qui est à notre portée est particulier ? Quel moyen l’esprit humain a-t-il de sortir de son inscription hic et nunc ? A fortiori, quel espoir pouvons nous avoir de développer des connaissances vraies ? La véritable question est ici de savoir ce que la science peut nous apporter au contact des faits, de la réalité. Hegel, lui, pensait que « le réel [était] rationnel » : encore faut-il connaître tous les aspects de ce réel qui se présente à nous, et aujourd’hui pas même le plus grand scientifique du monde ne pourrait prétendre à cette connaissance, tant les matières se sont diversifiées.

Notre expérience du monde est faite d’enchaînements de ces situations, et nous assemblons nos connaissances générales à travers des logiques et des systèmes communément regroupés sous le nom de science. La science, c’est cette systématisation du monde qui remet en cause les mythes ainsi qu’elle-même pour repousser les frontières de la connaissance. Cela passe par des connaissances générales. Or, l’Homme ne fait jamais face à des situations générales, mais à des situations particulières, uniques, chaque fait ne se reproduisant jamais à l’identique. Il s’agit bien, ici, de « juger » ces situations, c’est-à-dire d’émettre une opinion, de statuer, de donner son idée sur ces cas ; il s’agit encore, plus largement, d’évaluer une situation, c’est à dire de se donner les conditions de la compréhension. La science nous aide à formuler de grandes théories générales, mais nous est-elle d’un grand secours dans les événements quotidiens, et donc dans cette multitude de situations particulières que nous rencontrons ? La science, au-delà de la théorie, n’est-elle pas destinée à être contredite dans les faits, tous particuliers ?

 

 

1 – Chaque situation particulière revêt des aspects liés à des caractéristiques générales

 

-         La science, de ce fait, donne des cadres de référence à l’intérieur desquels nous comprenons le monde. Même si chaque situation est particulière, nous la situons dans un système de pensée, nous l’organisons, ou la hiérarchisons.

 

-         Nous sommes également en mesure, grâce à ces connaissances générales, de procéder par analogie, ou par comparaison, pour préciser notre jugement d’une situation particulière.

 

Le problème est que, même en comparant, nous n’arriverons jamais à identifier le caractère particulier d’une situation, qui est pourtant ce qui fait son identité, et donc son intérêt.

 

2 – La science ne peut donner que des généralités sur des actions particulières.

 

-         Les connaissances générales, de ce fait, permettent au moins de savoir ce qu’une situation n’est pas : nous pouvons ainsi procéder par élimination pour mieux identifier le phénomène. Or, il est vrai que cela ne permet pas de décrypter le caractère particulier de la situation.

 

-         Problème de la connaissance vraie de John Locke : comment construire une connaissance générale si tout ce qui est à notre portée est particulier ? Quel moyen l’esprit humain a-t-il de sortir de son inscription hic et nunc ? A fortiori, quel espoir pouvons nous avoir de développer des connaissances vraies ? Selon lui, la connaissance est tirée de deux sources : sensation et réflexion. Sachant que tout notre savoir est issu de ces deux origines, information sensorielle et formulation cérébrale, nous sommes capables d’utiliser les informations générales de notre mémoire et les mettre en perspective avec de nouvelles données sensorielles, dont nous avons l’expérience lors de ces situations particulières. Nos connaissances générales progressent ainsi à chaque nouvelle expérience.

 

3 – Les situations particulières apparaissent comme une combinaison de dispositions générales.

 

 

 

-         Hegel pensait « le réel est rationnel ». Le Cercle de Vienne, lui aussi, pensait que le monde pouvait être décrypté par la logique, et que seul le manque de paramètres empêchait de tout quadriller. Depuis, les scientifiques et savants se sont spécialisés, tant les champs d’investigation sont larges. Ce mythe a vécu ; toutefois l’idée demeure que les situations ne sont qu’une combinaison de paramètres. Plus nous pouvons recouper des connaissances générales, plus nous aurons une idée précise de chaque situation, unique comme peut l’être un tirage du loto : les numéros sont tous connus : seuls leur combinaison diffère.

 

 

 

-         Combiner ces cadres de référence permet un quadrillage efficace d’une situation. C’est le cas par exemple dans des sciences sociales comme la sociologie. Dans  Le Suicide, Emile Durkheim montre que cette façon de se donner la mort n’est pas si personnelle que l’on veut bien le croire et que, malgré des raisons parfois toutes personnelles de passer à l’acte, le mécanisme même de la société joue souvent un grand rôle dans le suicide. Alors que l’on pensait le suicide comme l’acte ultimement personnel, Durkheim, par une combinaison de connaissances générales, relève des similarités et montre qu’il s’agit avant tout là d’un fait social dans la plupart des cas.

 

 

 

Selon Wittgenstein, dans son Tractatus Logico-Philosophicus, « le monde est l’ensemble des faits ». Les connaissances générales nous aident à expliquer les manifestations des faits, et leurs possibles conséquences. Chaque situation, en tant que combinaison de faits, peut être expliquée par la logique, tant que ses lois sont régies par la logique. Or ce monde se limite aux faits, et ne peut nullement prétendre inclure la métaphysique, les questions religieuses, la spiritualité… Ainsi seuls les faits sont explicables par la logique. Dans sa vision, l’Homme est à la périphérie du monde, entre le monde de la logique et des faits et l’extérieur fait de croyances et d’interrogations métaphysiques. Ainsi, certaines choses ne pourront jamais être expliquées par la science ; cependant, les situations particulières se composent a priori toujours de faits : les connaissances générales demeurent ainsi du plus grand secours.

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