Le scaphandre et le trublion

Publié le par Steve Bonet

Les Césars ont bien eu lieu et rassemblé la petite famille du cinéma. C'était hier. Comme d'habitude, pas de grandes surprises mais de belles récompenses et, parfois, des discours pompeux, surfaits, voire surjoués. Or le scénario entier n'a pu se dérouler : parlez-en à Mathieu Amalric qui, absent alors qu'il a reçu la distinction du meilleur acteur, avait préparé un petit discours à lire par Antoine de Caunes. Celui-ci s'exécuta, mais oublia en chemin la moitié. Problème de gestion du temps ? Censure ? Le fait est que la partie manquante est la plus engagée, celle qui parle de l'âme du cinéma et des petites salles face à la déshumanisation des multiplexes.

Mathieu Amalric, actuellement au Panama pour tourner le prochain James Bond, a immédiatement réagi à cette "coupe" (valable dans tous les sens du terme) en envoyant l'intégralité de son texte aux Cahiers du Cinéma. Pour lire ce discours en intégralité, c'est ici.

Faut-il réellement parler de censure ? Méfions-nous des mots rapides et lapidaires. Toutefois, il est certain que l'honnêteté aurait voulu que soit faite une annonce sur le caractère tronqué de ce discours, ou alors une tentative de résumé de la partie occultée, c'est-à-dire celle qui, tout de même, dégageait  le plus de sens.

L'évènement paraît anodin - un discours coupé aux Césars, cela n'a pas l'air dramatique - mais soulève quelques nécessaires interrogations. On sait que la cérémonie des Césars a toujours été très polie, mais de là à éviter de froisser les multiplexes par un discours d'acteur... S'il s'agit de censure, cela n'a plus rien de dérisoire et doit être clairement mis sur la place publique.

Publié dans Actualité commentée

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