Précision primo-ministérielle sur l'évaluation du Gouvernement

Publié le par Steve Bonet

P1010076--WinCE-.JPGIl semblerait, au sujet de l'article précédent sur le discours politique, que la fonction du cabinet privé, chargé au départ d'auditer directement les ministres pour les noter, ne soit  que de nature consultative : son rôle serait de déterminer la méthodologie de notation du gouvernement, d'après les propos tenus par François Fillon lors de ses voeux à la Presse. L'évaluation, elle, sera prise en charge par Matignon et, a priori, par Eric Besson, Secrétaire d'Etat à l'Evaluation des Politiques Publiques. La société en question dans l'opération est le cabinet de conseil Mars.

Cela change quelque peu la vision et l'esprit d'intervention de cette notation, mais la volonté d'estimation de la productivité est bien là. Reste maintenant à déterminer plus justement dans quelle mesure ces critères d'évaluation laisseront la place au long terme dans l'appréciation des résultats ministériels. Nous saurons cela ultérieurement, du moins faut-il le souhaiter.

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Steve Bonet 18/01/2008 16:40

Merci pour ce commentaire. La fiche sur le pouvoir politique, c'est vrai, est essentiellement axée sur le concept wébérien du pouvoir politique. Tu as raison, mieux vaudrait que je la rebaptise, et que je crée de nouvelles fiches avec d'autres concepts.

Effectivement, l'idée de l'évaluation par un cabinet de conseil privé ne fera peut-être pas beaucoup de chemin. Néanmoins, elle a permis à l'exécutif de communiquer sur sa manière de voir la politique : tandis que l'on demande aux français d'être efficaces et productifs, le Gouvernement se doit lui aussi, à l'instar d'une entreprise, de dégager de la productivité.

Le problème, c'est que les résultats politiques sont, comme tu le dis, subjectifs ; en plus de cela, ils s'inscrivent, pour certains d'entre eux, dans la durée, hors de la conjoncture économique. J'ai pris l'exemple de la notation de Christine Albanel car on ne peut pas juger l'efficacité d'une politique culturelle sur 6 mois ou un an, même lorsqu'il s'agit de regarder les ventes de films français à l'étranger.

Cette assimilation de l'action politique à la culture d'entreprise apparaît, il me semble, en contradiction avec le fond du concept de "politique de civilisation" énoncé dans le discours de Sarkozy. En terme de communication, c'est un coup parfait, à l'image d'une pub pour une voiture mettant en scène des moines bouddhistes ; à l'image du sens, c'est tout aussi contradictoire...

Eliram 18/01/2008 15:26

J'ai découvert ton blog suite à ton article publié sur agoravox et je le trouve encourageant (mis à part le fait que ta fiche de rappel conceptuel sur le pouvoir est malheureusement limité à une seule approche ... chose retrictive lorsque l'on parle de concept).

Quant au cabinet privé, je ne crois pas que cette mesure ait de l'avenir. Tout simplement car une politique se juge de manière subjective et non sur des bases logiques. L'exécutif ne saurait se tirer une balle dans le pids. Je suis également attentif à ce genre d'évolution mais je crains malheureusement qu'elle soit morte-née.

Steve Bonet 16/01/2008 02:38

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